Par Thelma R. Briggs, correspondante
HOLLYWOOD, 11 juin 1935
Troquant les plateaux contre les serpents, le séduisant premier rôle Jack « Razor » Malone part cette semaine pour les contrées sauvages de la péninsule du Yucatán, au Mexique, afin de tourner Tarzan et la Déesse Verte, le dernier film d’aventures exotiques de New Realm Production.
Accompagné par la célèbre anthropologue devenue actrice Dr. Elena Voss (fraîchement revenue de sa tournée de conférences sur les « Cultes primitifs des Amériques »), le cascadeur intrépide Miguel Rojas, le réalisateur visionnaire Victor Langley (La Diabolique du Sahara) et le producteur Anton Durley, qui jouera aussi le principal antagoniste, l’équipe entend capter « l’authentique mystique maya » au cœur des ruines de Chichén Itzá.
« Le public réclame la vérité », déclara Langley à bord du paquebot Veracruz, « et qu’y a-t-il de plus vrai que les temples de pierre, les cénotes sacrés et le pouls du monde inviolé ? » La pièce maîtresse du film est la réplique d'une idole de jade inestimable connue sous le nom de « Déesse Verte » et exposée au musée archéologique de Mexico. Le gouvernement mexicain, dans le cadre d’un accord culturel spécial, a donné accès à cette pièce exceptionnelle pour la réalisation d'une copie aussi fidèle que possible. « Seul un expert pourrait faire la différence » a plaisanté Roland Pike, l'accessoiriste du film.
Des guides locaux ont été engagés pour assurer un passage sûr à travers les régions « non cartographiées » de la jungle eta ssurer la liaison averc les figurants locaux. La production promet d’apporter « un ordre civilisé aux légendes sauvages ». Le tournage débutera dès l’arrivée sur place, avec une première new-yorkaise prévue pour Noël.
Interrogé sur les dangers, Malone sourit et rajusta son casque colonial : « Ma chère, j’ai affronté des hommes de toutes tailles sur le ring. Quelques lianes ne me feront pas peur. »
Espérons, pour son bien, que la jungle soit de cet avis.
(Minimum 3, Optimum 5, Possible 6)